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Du Vieux-Hull aux hauteurs de Guertin

Après avoir admiré et côtoyé certaines légendes des Olympiques depuis sa jeunesse, Marc Saumier ira rejoindre quelques-unes d’entre elles dans un club très sélect samedi soir.

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Il est fort possible que si vous avez assisté à un match des Olympiques de Gatineau au cours des dernières années, vous avez sûrement dû croiser Marc Saumier au Centre Robert-Guertin. Les plus jeunes ne savaient probablement pas qu’il a déjà évolué pour leur équipe favorite, mais leurs parents ou leur grands-parents ont assurément vécu des moments d’euphories par l’entremise de l’ancien numéro 32.

Bien avant de faire bondir les spectateurs de leurs sièges grâce à un but important ou une bagarre explosive, c’était Saumier lui-même qui était assis dans ces mêmes gradins, à encourager les Festivals et ensuite les Olympiques. C’est d’ailleurs à l’époque où il adulait les Nelson Burton, Rick Garcia et Jean Poulin qu’il a commencé à pratiquer le sport qui est éventuellement devenu une partie intégrante de sa vie.

« J’ai été élevé à quatre coins de rue de l’aréna, dans le Vieux-Hull. Je viens d’une famille de six enfants (quatre frères et une sœur). J’ai commencé à jouer au hockey organisé quand j’avais six ans alors qu’une Madame Cousineau, dont le fils était un peu plus vieux que moi, était venue à l’École Notre-Dame et nous avait demandé s’il y en avait qui voulaient jouer au hockey, se rappelle celui qui est âgé aujourd’hui de 49 ans.

Marc Saumier5

« J’ai accepté, mais je n’avais pas d’équipement. Elle m’a prêté le vieil équipement de son fils et on a participé à un tournoi qu’on a gagné! Je jouais souvent au hockey au parc Fontaine en bottines, mais cet hiver-là j’ai commencé à le faire en patins. »

Après avoir eu encore plus la piqure pour son sport, Saumier a continué de faire des ravages sur la glace au hockey mineur. Se retrouvant constamment parmi les meilleurs de ses équipes, il était également reconnu comme un joueur qui n’avait jamais froid aux yeux et qui ne reculait jamais devant personne. Cela voulait donc dire que si un adversaire plus costaud que lui tentait de faire la loi sur la patinoire, ce dernier était mieux d’être prêt à répondre de ses actes…

« J’ai toujours joué au hockey avec contact. J’ai appris très jeunes à me protéger avec la rondelle, indique en riant celui qui a passé plus tard 1168 minutes au banc des punitions en carrière dans la LHJMQ. Quand tu effectuais une passe, tu ne regardais pas aller la rondelle, tu te tournais pour te protéger. »

Malgré ses excellentes performances, plusieurs équipes de la LHJMQ doutaient qu’il puisse avoir un impact au niveau junior majeur. Bien qu’il fût classé pour être repêché au cinquième tour, ce n’est pas avant le 16e tour que le Hullois de 15 ans a entendu son nom retentir dans les haut-parleurs de l’Aréna Maurice-Richard. Mais contrairement à plusieurs autres jeunes prétendants qui avaient déjà quitté, Saumier était demeuré à son siège et s’était rendu à la table des Olympiques pour aller à la rencontre de ses nouveaux patrons.

Il avait peut-être été repêché par son équipe d’enfance, mais les chances que le 182e joueur sélectionné à l’encan de 1984 perce la formation qui comptait plusieurs vétérans dont Luc Robitaille, Joe Foglietta et Sam Lang étaient minces. Mais comme il l’a toujours fait, il s’est redressé les manches et a réussi à convaincre Charles Henry et Pat Burns de lui donner une chance à Hull.

« À mon arrivée au camp, on ne m’avait rien promis. D’après moi, ils ne l’ont pas fait parce que c’est sûr que je n’étais pas dans leurs plans. J’avais été repêché parce que je venais d’ici. Mais j’étais confiant en mes moyens. J’ai travaillé fort, je marquais des buts, je me battais et j’avais attiré l’attention de Pat durant le camp d’entraînement, atteste Saumier à propos de celui qui a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 2014.

« Pat savait tout ce qui se passait dans la ville, donc tu ne pouvais pas lui en passer une petite vite! Il faisait un peu peur, mais il avait tout un charme, admet-il. Il aimait ça jouer dans la tête des joueurs et il fallait que tu sois prêt. Il n’avait pas besoin de le faire avec moi parce que j’étais toujours prêt à jouer. Il savait ce que je pouvais donner. »

À la suite d’une première campagne où il avait récolté 43 points en 61 matchs, les Olympiques l’ont échangé aux Chevaliers de Longueuil au début de la saison suivante, en retour notamment de Guy Rouleau. La formation de la Rive Sud de Montréal tenait mordicus à mettre la main sur Saumier dans cette transaction, sans quoi Rouleau n’aurait jamais abouti en Outaouais.

Marc Saumier & Wayne Gretzky

Si Saumier a été surpris de quitter son patelin, le fait de devoir déménager loin de sa zone de confort lui a été bénéfique, particulièrement sur l’aspect humain.

« Aller dans une école différente et rencontrer d’autres gens que les joueurs de hockey que je connaissais m’ont permis de découvrir autre chose que le Vieux-Hull ou les Olympiques. Côté hockey, je suis devenu un joueur sur lequel on comptait plus. Je jouais sur la première unité en avantage numérique, je tuais les punitions, j’étais toujours sur la glace, souligne l’attaquant qui récolté 23 buts et 73 points en 61 parties à sa première saison chez les Chevaliers. Je passais d’un club de première position à un de dernière position qui rebâtissait. L’échange a été très bon des deux côtés. »

Alors que cette transaction aura permis à Saumier de s’épanouir et de prendre plus de place, elle aura également permis aux Olympiques de mettre la main sur leur première coupe du Président en 1985-1986 grâce à l’importante contribution de Rouleau. Si certains auraient pu être rancuniers face à cette situation, le principal intéressé était plutôt heureux de voir ses anciens coéquipiers récompensés.

« Je ne suis pas un gars jaloux. Je souhaitais qu’ils gagnent parce que c’était l’équipe de ma ville natale. J’ai toujours eu les Olympiques tatoués sur le cœur et même quand je suis parti, je les suivais de loin, assure Saumier, qui avait assisté à quelques rencontres au Centre Robert-Guertin ce printemps-là. Je suis venu les voir jouer durant les séries parce que j’avais encore beaucoup de chums dans l’équipe comme Stéphane Richer, Luc Robitaille, Sam Lang et Luc Chénier. Je savais que les gars avaient travaillé fort et qu’ils méritaient de gagner la coupe. »

Saumier n’aura pas eu à patienter trop longtemps pour également soulever le précieux trophée. La saison suivante, les Chevaliers ont presque tout ravagé sur leur passage en terminant deuxième au classement général en saison régulière. Lorsque sont arrivées les séries éliminatoires, Saumier a élevé son jeu d’un cran en enregistrant une impressionnante récolte de 41 points en 20 rencontres pour mener son équipe aux grands honneurs. Au terme du tournoi printanier, le robuste attaquant a également mis la main sur le trophée Guy-Lafleur remis au joueur le plus utile des séries.

À l’aube de ce qui allait potentiellement être sa dernière saison au niveau junior et alors que les Chevaliers étaient sur le point de déménager à Victoriaville, Saumier avait comme objectif de passer au niveau supérieur dans la Ligue américaine. Mais puisque rien n’était coulé dans le béton et que son équipe junior allait s’éloigner encore davantage, l’attaquant qui allait avoir 20 ans avait une idée en tête.

Marc Saumier2

« Au moment d’être échangé à Longueuil, Monsieur Henry m’avait dit de ne pas m’énerver et qu’il allait venir me rechercher. Pendant l’été, les Chevaliers m’avaient rencontré et ils m’avaient demandé c’était quoi mes plans. Je leur avais dit que s’ils voulaient m’échanger, j’aurais aimé revenir à Hull, raconte Saumier.

« Quand je suis allé au party de la Ligue, où on m’avait remis le trophée Guy-Lafleur, je suis allé faire un tour au repêchage, mais je suis arrivé plus tard dans la journée. À mon arrivée à l’aréna, j’étais avec mon frère Raymond et mon père qui était déjà là nous a dit : ‘Toi t’es échangé à Trois-Rivières et toi t’es échangé à Hull.’ C’est là que je l’ai su. »

Les visages avaient peut-être changé chez les Olympiques en 1987-1988, notamment derrière le banc avec la nomination d’Alain Vigneault comme entraîneur-chef, mais Saumier se sentait toujours comme dans ses pantoufles dans l’uniforme noir, blanc et gris. Formant un trio complété par Benoit Brunet et Martin Gélinas, le vétéran joueur de centre a connu sa meilleure saison dans la LHJMQ avec une récolte de 52 buts et 114 mentions d’aides pour un total de 166 points en 59 parties. D’ailleurs, l’unité de Saumier, Brunet et Gélinas a tout ravagé sur son passage cette saison-là en enregistrant 440 points en saison régulière.

La cerise sur le sundae pour Saumier et la formation gatinoise aura toutefois été de non seulement remporter le trophée Jean-Rougeau remis aux champions de la saison régulière, mais également de mettre la main sur une autre coupe du Président. Pour une deuxième année consécutive, Saumier était couronné champion du circuit, mais cette fois-ci, il l’a été devant les siens, avec l’équipe de son enfance.

« Gagner dans ta ville natale est toujours spécial et comme je l’ai dit, j’ai toujours eu les Olympiques tatoués sur le cœur, souligne Saumier, qui est devenu ce printemps-là le tout premier joueur de l’histoire de la LHJMQ à remporter le trophée Guy-Lafleur pour une deuxième fois consécutive. Les deux coupes étaient spéciales, mais c’est certain que j’en ai plus entendu parler quand j’étais à Hull pendant l’été et qu’on me reconnaissait partout où j’allais. »

Au cours de la décennie qui a suivi la fin de sa carrière junior, Saumier a vu son périple au hockey le mener aux quatre coins de l’Amérique du Nord. C’est donc sans surprise que lorsqu’il a accroché ses patins au tournant du XXIe siècle, il a voulu rester impliqué dans le domaine qui l’a toujours passionné. Mais malgré la distance, les Olympiques sont toujours demeurés près de son cœur.

Rondelles d'Or 2013

Après notamment quelques saisons chez le Titan d’Acadie-Bathurst, Saumier est revenu dans le giron de la formation gatinoise en 2017. Maintenant impliqué à titre de conseiller au sein du département hockey, il espère de nouveau aider l’organisation pour laquelle il a donné corps et âme à retrouver sa place au sommet de LHJMQ, comme il l’a fait durant sa carrière de joueur.

« Je suis toujours aussi fier d’aider les Olympiques de nos jours. On travaille tous très fort dans l’équipe et on espère que ça va nous aider à devenir une des meilleures équipes de la Ligue année après année, affirme Saumier, qui a été intronisé au Temple de la renommée de la LHJMQ en 2013. .

« L’an passé, j’étais tellement fier pour le Titan. J’ai aidé à bâtir cette équipe-là durant six ans avec les autres recruteurs et j’étais tellement fier qu’ils remportent la coupe Memorial, conclut-il. Il y avait un peu de moi là-dedans et j’espère qu’on pourra amener ça ici bientôt avec les Olympiques. »

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